Programme mars à juin 2025.


Notre prochain festival (le 30ème depuis la naissance du Cercle !) se déroulera, comme annoncé dans notre précédent programme, du 18 au 25 mars au Ciné-Capitole. Cette année, ce sera l’âge d’or du cinéma italien qui sera à l’honneur avec la programmation de 15 films, dont voici les titres (détail en page “Festival”):

Le Casanova de Fellini – Federico Fellini – 1976 – 2h34 Avec : Donald Sutherland, Tina Aumont, Cicely Browne. Mary Marquet.

Les Vitelloni – Federico Fellini – 1953 – 1h43 Avec : Franco Fabrizi, Alberto Sordi, Franco Interlenghi, Leopoldo Trieste.

Mort à Venise – Luchino Visconti – 1971 – 2h10 Avec : Dirk Bogarde, Björn Andrésen, Silvana Mangano, Romolo Valli.

Bellissima – Luchino Visconti – 1951 – 1h54 Avec : Anna Magnani, Walter Chiari, Tina Apicella, Alessandro Blasetti.

L’Eclipse – Michelangelo Antonioni – 1962 – 2h05Avec : Monica Vitti, Alain Delon, Francisco Rabal.

Dommage que tu sois une canaille – Alessandro Blasetti – 1955 – 1h35 Avec : Sophia Loren, Marcello Mastroianni, Vittorio De Sica, Margherita Bagni.

Le Pigeon – Mario Monicelli – 1958 – 1h45 Avec Vittorio Gassman, Claudia Cardinale, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Totò.

Parfum de femme – Dino Risi – 1974 – 1h43 Avec : Vittorio Gassman, Agostina Belli, Alessandro Momo, Moira Orfei.

L’Or de Naples – Vittorio De Sica – 1954 – 2h11 Avec Sophia Loren, Silvana Mangano, Vittorio De Sica, Totò, Paolo Stoppa.

Le Lit conjugal – Marco Ferreri – 1963 – 1h40 Avec Ugo Tognazzi, Marina Vlady, Riccardo Fellini.

Main basse sur la ville – Francesco Rosi – 1963 – 1h45 Avec Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti.

Mafioso – Alberto Lattuada – 1962 – 1h45 Avec Alberto Sordi, Norma Bengell, Gabriella Conti.

Bandits à Orgosolo – Vittorio De Seta – 1960 – 1h32 Avec : Michele Cossu, Peppeddu Cuccu, Vittorina Pisano.

La Fille à la valise – Valerio Zurlini – 1961 – 2h01 Avec Claudia Cardinale, Jacques Perrin, Luciano Angiolillo.

Les Aventures de Pinocchio – Luigi Comencini – 1972 – 2h15 Avec : Nino Manfredi, Gina Lollobrigida, Andrea Balestri, Vittorio De Sica.

De nombreux événements auront lieu durant la semaine (buffet, concert, conférences) (détail en page “Festival”).

Programme d’avril à juin 2025 (post-festival)

Jeudi 03/04, aux Ambiances à 20h : « Les Ensorcelés » -1952- de Vincente Minnelli. Avec : Kirk Douglas, Lana Turner, Walter Pidgeon, Dick Powell. Durée : 1h58.

Hollywood, années 50. Dans le bureau d’un producteur, trois figures du monde du cinéma se retrouvent réunies : Georgia, une actrice, Fred, un metteur en scène, James, un écrivain. Leur point commun ? Tous trois ont été propulsés sur le devant de la scène, quelques années plus tôt, par un certain Jonathan Shields ; mais ce dernier ne s’est pour autant pas toujours très bien comporté avec eux. Et aujourd’hui, il leur demande de collaborer à son nouveau film. Accepteront-ils de se laisser « ensorceler » une fois de plus par celui qui, à la fois, les conduisit dans la lumière et les traîna dans l’ombre ?

Récompensé par cinq Oscars, ce film – l’un des plus considérables du maître Minnelli – interroge, à l’image de Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder, le charme vénéneux de « l’usine à rêves » hollywoodienne. A travers le dilemme auquel doivent faire face les trois protagonistes – magnifiquement campés par des interprètes au sommet de leur gloire – se dessinent les ambiguïtés, les grandeurs et les affres des grandes années de ce cinéma. Une œuvre aussi envoûtante que sublime.

Projection exceptionnelle en 35 mm, dans la cadre du festival « Lumière sur l’argentique ».

Jeudi 10/04, aux Ambiances à 20h : « L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot » -2009- de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea. Avec : Romy Schneider, Serge Reggiani, Dany Carrel, Bérénice Bejo. Durée : 1h34.

Retour sur le tournage d’un film maudit… En 1964, le grand Henri-Georges Clouzot choisit comme vedettes de son nouveau long métrage Romy Schneider et Serge Reggiani. Le sujet ? Le basculement progressif d’un homme éperdument amoureux dans l’enfer de la jalousie. Près du viaduc de Garabit, dans le Cantal, le tournage commence, mais les difficultés s’accumulent très vite : scènes tournées de nombreuses fois, relations tendues entre le réalisateur et ses comédiens… Le projet tourne court au bout de quelques semaines. Si bien que le film, annoncé comme un événement cinématographique d’une ampleur considérable, restera à l’état d’ébauche insensée.

Longtemps considérées comme définitivement invisibles, voire totalement perdues, les images de ce tournage inachevé ont refait surface quarante ans plus tard grâce au travail patient de Bromberg et Medrea. Alternant scènes du film, séquences expérimentales, interviews des témoins de l’époque et reconstitutions de dialogues manquants, cet admirable documentaire rend hommage à une œuvre qui se voulait délirante et qui sembla courir à sa propre perte. Il est également l’occasion de découvrir quelques-unes des images les plus « psychédéliques » de toute l’histoire du cinéma français. Un document considérable sur l’ambition cinématographique et sur sa démesure.

Jeudi 17/04, au Capitole à 20h : « Coup de torchon » -1981- de Bertrand Tavernier. Avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran, Eddy Mitchell. Durée : 2h08.

1938, Afrique-Occidentale française. Lucien Cordier, unique policier d’une petite ville coloniale, se laisse humilier par toute la population : ridiculisé par les proxénètes locaux, trompé par sa femme, risée de tous, il est seul face à la veulerie… Jusqu’au jour où, définitivement raillé par son officier supérieur, il décide de faire le ménage autour de lui. Devenu un justicier impitoyable, il met au service de sa folie meurtrière un plan d’une efficacité redoutable : faire accuser ceux qu’il s’appliquera ensuite à éliminer. Mais où prendra fin la spirale dans laquelle il est pris ?

L’une des pièces maîtresses de la filmographie de Bertrand Tavernier. Prenant appui sur un classique du roman noir qu’il transpose dans l’Afrique de la colonisation, le cinéaste se livre à un jeu de massacre aussi réjouissant que désespéré. Le regard qu’il porte sur l’époque de la colonisation est incisif et sans concession. La distribution est éclatante (il convient de mentionner aussi Guy Marchand), les dialogues sont brillants, la photographie est splendide : Coup de torchon est une œuvre aussi baroque qu’iconoclaste, qu’il est urgent de redécouvrir, en majesté, sur grand écran.

Jeudi 15/05, au Capitole à 20h : « La Belle Equipe » -1936- de Julien Duvivier. Avec Jean Gabin, Charles Vanel, Raymond Aimos, Viviane Romance. Durée : 1h44.

Nous sommes en plein Front Populaire. Cinq ouvriers parisiens au chômage empochent le gros lot à la Loterie Nationale. L’occasion pour eux d’accomplir un rêve, en cette époque d’espoirs naissants : à savoir, restaurer un vieux lavoir des bords de Marne pour en faire une superbe guinguette dont ils seront copropriétaires. C’est hélas compter sans les aléas du destin, et surtout oublier les vicissitudes qui bien souvent ont raison des idéaux, même les meilleurs… Film emblématique de toute une époque, La Belle Equipe traduit, entre fraîcheur et désillusion, les espérances déçues de la génération d’avant-guerre. La noirceur de Duvivier, qui ne fera que s’accentuer par la suite, se fraye déjà un passage au sein de cette bande d’amis dont la cohésion et la solidarité seront mises à rude épreuve. La jeune relève du cinéma français, Jean Gabin en tête, apporte à cette histoire aussi belle que douloureuse une spontanéité et une vigueur qui ne peuvent, aujourd’hui, que continuer de nous toucher. Une pierre majeure dans l’édifice du cinéma français, à voir ou à revoir.

Jeudi 22/05, aux Ambiances à 20h : « Loulou » -1929- de Georg Wilhelm Pabst. Avec Louise Brooks, Fritz Kortner, Franz Lederer, Carl Goetz. Durée : 2h13.

L’histoire de la belle et insouciante Loulou, que son goût aussi naïf qu’immodéré pour l’amour va conduire à un destin tragique.

Après avoir séduit et épousé un richissime patron de presse, Loulou provoque malgré elle la jalousie de ce dernier, puis sa mort par accident. Aussitôt accusée de meurtre, elle est arrêtée, jugée, et rendue responsable, durant son procès, de tous les maux de la terre. A la faveur d’un mouvement de foule, elle parvient néanmoins à prendre la fuite avant d’être incarcérée. Mais les passions qu’elle déchaîne sont loin d’avoir pris fin…

Immortel chef-d’œuvre des temps du muet ! Ce portrait d’une femme libre, livrée à un destin impitoyable, provoqua un tel scandale à sa sortie que la censure mutila le film, supprimant les allusions sexuelles les plus explicites. Ce n’est qu’en 1980 que la version voulue par le réalisateur put être remontée. Près d’un siècle après sa sortie, Loulou s’est assurément imposé comme une œuvre phare de l’histoire du 7ème Art. Le talent de la jeune Louise Brooks – alors âgée de vingt-deux ans – irradie du début à la fin, au point d’avoir marqué de multiples générations et d’avoir fait d’elle une icône intemporelle. Magnifique, effronté, déchirant : un très grand film, à venir admirer en salle !

Jeudi 05/06, au Capitole à 20h : « Brazil » -1985- de Terry Gilliam. Avec Jonathan Pryce, Robert De Niro, Kim Greist, Bob Hoskins. Durée : 2h23.

Un monde futuriste soumis à un état tout-puissant. Une mégapole tentaculaire, industrielle et polluée.  Des tuyaux, des pompes, des parcours labyrinthiques. Dans cet univers écrasant, Sam Lowry est un bureaucrate on ne peut plus ordinaire : il vit dans un appartement minuscule, exerce un travail assommant et, la nuit, se réfugie dans des rêves où, devenu guerrier, il vole au secours d’une fée en détresse. Un incident des plus banals va faire basculer ce quotidien réglé au millimètre… La chute d’un cadavre de mouche dans un téléscripteur entraîne une grave erreur de l’Ordinateur suprême : le sage et docile Sam Lowry se voit subitement désigné comme un terroriste activement recherché, en lieu et place d’un certain Archibald Tuttle.

C’est à plusieurs titres que Brazil a acquis le statut envié de « film culte ». L’imagination de Terry Gilliam n’a sans doute jamais trouvé un aussi parfait accomplissement que dans cet univers futuriste, tenant à la fois du 1984 de George Orwell et du Metropolis de Fritz Lang, de la peinture de Dalí comme de celle de Jérôme Bosch. D’autre part, cette vision kafkaïenne d’un univers bureaucratique et déshumanisé trouve un écho encore amplifié aujourd’hui, avec les progrès de la technologie et de l’intelligence artificielle, et les craintes qu’ils entraînent. Une superbe distribution parachève la réussite de ce chef-d’œuvre de la science-fiction, qui fête cette année ses quarante ans et qui n’a jamais été autant d’actualité.

Jeudi 12/06, aux Ambiances à 20h : « Les Trente-Neuf Marches » -1935- d’Alfred Hitchcock. Avec Robert Donat, Madeleine Carroll, Lucie Mannheim, Godfrey Tearle. Durée : 1h21.

Canadien vivant à Londres, Richard Hannay est loin de se douter de ce qu’il attend, lorsqu’il va assister à un spectacle de music-hall : au beau milieu du spectacle éclate un coup de feu, et la jeune femme qui l’a déclenché le supplie de la cacher chez lui. Le pauvre Richard se retrouve embarqué bien malgré lui dans une affaire d’espionnage où ses seuls indices sont le nom d’une organisation secrète (« les 39 marches »), un homme à la phalange coupée, et une vague indication concernant l’Ecosse, que lui livre sa protégée avant d’être finalement tuée…

Dans ce qui reste l’un des sommets de sa « période anglaise », le maître Alfred Hitchcock adopte un style d’écriture d’une efficacité saisissante : le scénario, resserré et réduit à l’essentiel, ne laisse aucun répit au spectateur, transporté d’une situation déroutante à l’autre. A l’image du héros de La Mort aux trousses vingt-quatre ans plus tard, celui des Trente-Neuf Marches se voit impliqué dans une machinerie diabolique à laquelle il ne comprend d’abord absolument rien. Le suspense distillé tout au long de l’intrigue n’en a que plus de saveur. Humour et sens de l’implicite sont également de mise, comme toujours chez le grand « Hitch » : un véritable régal que ce film, à déguster sans modération.

Jeudi 19/06, aux Ambiances à 20h : « Night on earth » -1991- de Jim Jarmusch. Avec : Winona Ryder, Gena Rowlands, Rosie Perez, Béatrice Dalle, Roberto Benigni. Durée : 2h08.

A Los Angeles, à New York, à Paris, à Rome, à Helsinki, la nuit est-elle toujours la même sur terre ? C’est la question que se pose – et nous invite à nous poser – Jim Jarmusch à travers cinq histoires censées se dérouler simultanément, en différents points de la planète, et mettant toutes en scène des chauffeurs de taxis : une jeune femme accueillant une directrice de casting, un berlinois de l’Est cédant le volant à l’un de ses clients et découvrant les secrets de la ville où il vient de s’installer, un ivoirien sidéré par la beauté de la femme aveugle qu’il conduit, un individu excentrique et salace obligeant un prêtre à écouter ses confessions sordides, un être désespéré amené à réconforter trois travailleurs ivres morts.

Comme à son habitude, Jarmusch réunit autour de lui toute une bande de « fidèles » – Roberto Benigni, Isaac de Bankolé – auxquels il adjoint cependant quelques hôtes exceptionnels – Gena Rowlands, Bétarice Dalle. Les cinq épisodes narrés dans ce film ont le mérite de séduire par la diversité de leurs tons, en même temps que par leur profonde humanité : tantôt désopilants, tantôt déchirants, ils ont tous pour point commun de donner à voir l’humanité dans son plus humble dépouillement – le temps d’une balade en taxi, au cœur de la nuit. Un film splendide, en version restaurée, à ne surtout pas manquer !