Programme d’avril à juin 2026

Jeudi 23 avril, aux Ambiances à 20h : « Quand passent les cigognes » -1957- de Mikhaïl Kalatozov. Avec : Tatiana Samoïlava, Alexei Batalov. Durée : 1h37.
Moscou, 1941. Veronika et Boris sont éperdument amoureux. Mais l’Allemagne envahit la Russie, Boris part au front. Mark, son cousin, évite l’enrôlement et reste auprès de Veronika qu’il convoite lui aussi.
Sans nouvelles de son fiancé, que fera la jeune femme ?
Au format d’image longtemps utilisé 1,37 (1 de hauteur pour 1,37 de largeur), Kalatozov et son chef opérateur Ouroussevski tissent dans la virtuosité technique et l’agencement des images un cadre puissant où s’épanouissent le romantisme, le lyrisme du récit pour lui donner toute son authenticité. La
retentissante Palme d’Or 1958 a cette chance supplémentaire de bénéficier de la présence de Taiana Samoïlova, pleine de grâce et d’intériorité, digne incarnation des grandes héroïnes romanesques russes de toujours.

Jeudi 30 avril, au Capitole à 20h : « Buffalo Bill et les Indiens » -1976- de Robert Altman. Avec : Paul Newman, Burt Lancaster, Geraldine Chaplin, Harvey Keitel. Durée : 2h00.

1885. Wiliam F. Cody, dit Buffalo Bill, règne sur un show grandeur nature qui relate la vie des pionniers à l’époque de la Frontière, dont il est le héros. Afin de renouveler le spectacle, il fait libérer le chef indien Sitting Bull, qu’il vainquit à Little Big Horn. Robert Altman, le grand artificier de la société et de l’histoire américaine, investit ici le western, son histoire et sa légende trop belle, afin d’en donner une vision tout autre, fidèle en cela au Nouvel Hollywood des années 60 et 70 qui questionna puissamment les mythes et montra l’autre côté de l’Amérique. Un grand film choral, rare en salles, s’appuyant sur une distribution hors classe, que nous avons le plaisir de vous proposer.

Jeudi 7 mai, aux Ambiances à 20h : « La Ballade de Bruno » -1977- de Werner Herzog. Avec Bruno S., Eva Mattes, Clemens Scheitz. Durée : 1h43.
Berlin. Bruno sort de prison. Il rencontre Eva, une prostituée brutalisée par ses proxénètes. Ces deux êtres malmenés par la vie se lient d’amitié et Bruno la recueille sous son toit. Mais les souteneurs les harcèlent et ils décident de partir loin avec le vieux Scheitz, le seul ami de Bruno…
Pour écrire le script, Herzog s’est très largement inspiré de la véritable existence de Bruno S. qui a passé une grande partie de sa vie dans les institutions psychiatriques. La fiction prend ainsi racine sur une base réaliste, concrète, qui relie le film à l’autre grand pan de l’oeuvre du cinéaste : le documentaire. Au panthéon d’Herzog, les marginaux dressent leurs silhouettes fracassées, incarnation ultime d’un rêve absolu de vie.

Jeudi 14 mai, aux Ambiances à 20h : « Fitzcarraldo » -1982- de Werner Herzog. Avec Klaus Kinski, Claudia Cardinale. Durée : 2h38.
Brian Sweeney Fitzgerald, dit Fitzcarraldo, a un rêve : construire un opéra au beau milieu de l’Amazonie. Pour financer son projet, il répare un bateau à vapeur afin de récolter le caoutchouc dans une zone reculée de la forêt.
Après Aguirre, la Colère de Dieu, Herzog retrouve Kinski, l’Amazonie, la musique de Popol Vuh pour un film tout aussi habité. Tourné dans des conditions homériques, Fitzcarraldo est l’histoire d’un rêveurde l’art, d’un conquérant de l’inutile, tout autant qu’il matérialise les tourments de cette quête aux confins de l’humanité.

Jeudi 21 mai, aux Ambiances à 20h : « Le Feu follet » -1963- de Louis Malle. Avec Maurice Ronet, Léna Skerla, Jeanne Moreau. Durée : 1h48.
Dandy désespéré, Alain Leroy a noyé ses jeunes années dans l’alcool. A peine sorti d’une cure de désintoxication, il ne parvient pas à retrouver goût à la vie, pas même dans les bras de sa maîtresse Lydia. C’est alors qu’il décide, pendant 48 heures, de rendre visite à ses anciennes connaissances ; mais
cet étrange retour sur les lieux de son passé prend comme des allures de tournée d’adieu…
Un des films les plus profonds et les plus denses de Louis Malle, peut-être son chef-d’oeuvre. Adapté d’un roman douloureux de Drieu la Rochelle, Le Feu follet met en avant comme jamais le talent de Maurice Ronet, sa présence incandescente à l’écran. Dans un Paris dont le réalisateur montre une fois de plus, de manière admirable, l’une des facettes, ce film touche au coeur en narrant l’histoire d’un homme devenu étranger au monde et à lui-même. Absolument bouleversant.

Jeudi 28 mai, aux Ambiances à 20h : « Swing » -2002- de Tony Gatlif. Avec Oscar Copp, Lou Rech, Tchavolo Schmitt. Durée : 1h27.
Une banlieue de Strasbourg aux belles journées des vacances d’été. Le tout jeune Max fait la rencontre de Swing, une jeune manouche pleine de vie aux allures de garçon manqué. Elle lui fait découvrir sa communauté, notamment les musiciens. Max prend alors des cours avec l’un d’entre eux :
Miraldo.
Le cinéma de Tony Gatlif, le grand réalisateur de la culture gitane, est un cinéma de partage, de métissage, d’éveil. Swing a ces côtés ludiques, festifs, oniriques. Il n’oublie pas pour autant la condition d’un peuple ostracisé, persécuté, qui connut la déportation lors de la Seconde Guerre mondiale. Une ode à la musique, la liberté, l’amour, comme au souvenir.

Jeudi 4 juin, au Capitole à 20h : « Tempête à Washington » -1962- d’Otto Preminger. Avec Charles Laughton, Henry Fonda et Gene Tierney. Durée : 2h19.
Le Président des Etats-Unis a décidé de nommer Robert A. Leffingwell au poste de secrétaire d’état à la diplomatie. Nomination soumise au vote du Sénat. L’affaire n’est pas simple. Débats, manoeuvres, chantages, retournements se succèdent pendant deux jours…
Nous voici lancés dans l’arène aux lions. Otto Preminger dirige avec maestria l’affrontement. La caméra fouille en profondeur. L’oeil est lucide, cynique et dévastateur. Le portrait impitoyable. Le cinéaste, libéral entre tous, ne peut oublier l’hystérie collective que fut le maccarthysme encore proche et nous
interroge : la fin justifie-t-elle les moyens ?

Jeudi 11/06, au Capitole à 20h : « Underground » -1995- d’Emir Kusturica. Avec Mirjana Jokovic, Miki Manojlovic, Lazar Ristovski. Durée : 2h50.
Nous sommes en 1941. Les premières bombes allemandes tombent sur Belgrade. Marko et Blacky profitent du chaos général pour faire des affaires fructueuses. Les rafles nazies commencent. Eux et d’autres, clandestins, résistants, se cachent dans une cave. Lorsque la paix revient en 1944, Marko fait croire aux habitants de la cave que la guerre se poursuit. Les décennies passent… En 1992, la guerre de Bosnie éclate.

Palme d’Or à Cannes en 1995, l’oeuvre majeure de Kusturica provoqua des remous à sa sortie en France, critiquée par de nombreux critiques, dont certains ne l’avaient pas même vu. Reste le film débordant d’énergie, d’invention, tragique et burlesque à la fois. Animé par la musique de Goran Bregovic et chant d’adieu à ce pays que fut la Yougoslavie. Un film monde, génial, excessif, inoubliable. Un sommet du cinéma européen.

Vendredi 12/06 à 18h30 : pique-nique de fin de saison (lieu non encore défini).
Inscription indispensable auprès de notre vice-président Jérôme Reignat (contact au 06 30 23 28 61 ou par mai l : j.reignat@free.fr) avant le 07/06.

Jeudi 18/06, aux Ambiances à 20h : « Sourires d’une nuit d’été » -1955- d’Ingmar Bergman. Avec : Harriet Andersson, Gunnar Björnstrand, Ulla Jacobsson. Durée : 1h48.
Maître Frederik Egerman, récemment remarié, apprend qu’une troup théâtrale doit se produire dans sa petite ville de province. Désirée, son ancienne maîtresse, tient le rôle principal de la pièce. Son fils Henrik, épris de pureté, est fortement ébranlé par les agaceries coquines de la servante Petra. Un souper enlevé s’oganise. Une folle nuit commence…
N. T. Binh nous le présente : « Malgré d’acerbes piques sociales, tout le film baigne dans une grisante euphorie qui le fit triompher à l’époque. (Le « Prix de l’Humour poétique » à Cannes, une renommée internationale pour son auteur.) L’amertume et le cynisme du propos fondent devant l’irrésistible
invitation aux jeux de l’amour : les couples se font et se défont dans une atmosphère fin de siècle moqueuse et réjouissante. »